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La DGFIP fait une nouvelle fois les frais des suppressions de postes !!

Derrière le ministère de l’Éducation nationale, Bercy décroche la “médaille d’argent” des réductions d’effectifs envisagées en 2025 dans les ministères. Et encore une fois, la direction générale des finances publiques (DGFIP) sera le plus grand pourvoyeur d’emplois supprimés au sein du périmètre ministériel, avec 550 postes concernés l’année prochaine.

Depuis sa création, en 2008, la direction du fisc a perdu plus de 25 % de ses effectifs.

Encore une fois, les finances publiques n’échapperont pas aux réductions d’effectifs. Si c’est le ministère de l’Éducation nationale qui sera le principal contributeur en la matière en 2025, Bercy décroche quant à lui la “médaille d’argent” des suppressions de postes prévues l’année prochaine. Présenté ce 10 octobre par le gouvernement Barnier, le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 prévoit en effet une baisse de 529 équivalents temps plein (ETP) du schéma d’emplois des ministères économiques et financiers. Et une fois de plus, la direction générale des finances publiques (DGFIP) sera le plus grand pourvoyeur d’emplois supprimés au sein du périmètre ministériel.

Lors d’une rencontre avec les syndicats, la secrétaire générale des ministères économiques et financiers, Anne Blony-Touret, vient de détailler les impacts du PLF 2025 pour les effectifs de Bercy et de ses directions. La DGFIP serait donc la plus impactée avec une baisse de 550 ETP. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) perdrait quant à elle 5 emplois, de même que la direction générale des entreprises (DGE). À l’inverse, la douane (DGDDI) verrait ses effectifs augmenter de 50 emplois, Tracfin de 10 et l’Agence pour l’information financière de l’État (AIFE) de 7. Pour leur part, les effectifs de l’Insse resteraient stables.

Plus de 30 000 postes supprimés depuis 2008

Ce n’est pas la première fois que les effectifs des finances publiques sont en baisse. Depuis sa création, en 2008 (par fusion de la direction générale des impôts et de la direction générale de la comptabilité publique), la DGFIP ne cesse en effet de faire face à des réductions d’emplois, même si c’est dans des proportions différentes selon les années. Le projet de loi de finances pour 2024 prévoyait ainsi un effort moindre avec 200 ETP de moins, soit bien en dessous des baisses d’effectifs enregistrées lors des années précédentes.

Pour l’exercice de 2023, en effet, un peu plus de 1 000 postes avaient été supprimés à la DGFIP, après 1 515 suppressions en 2022, 1 778 en 2021, 1 860 en 2020, 2 203 en 2019, 2 038 en 2018, 1 630 en 2017, 2 050 en 2016 et 2 000 en 2015. Au total, le plafond d’emplois prévu en 2025 pour la DGFIP s’élève à 92 562 emplois, alors que la direction comptait 125 500 emplois environ en 2008, soit une baisse de plus de 25 % des effectifs sur la période et la suppression de plus de 30 000 postes.

Non-respect de la parole donnée, selon les syndicats

Chez les organisations syndicales en tout cas, l’effet de surprise ne joue plus depuis longtemps. Ce qui ne les empêche pas de continuer à exprimer leur colère. La DGFIP est une nouvelle fois “à la diète”, dénonce Solidaires Finances, le premier syndicat des finances publiques. “La direction va poursuivre sa trajectoire de numérisation de ses missions à défaut de sa réhumanisation“, développe-t-il en regrettant que les nouvelles suppressions de postes “mettent toujours plus à mal le bon exercice des missions de la direction et détériorent les conditions de travail des personnels”.

Pour Solidaires, par ailleurs, ces nouvelles réductions d’effectifs à la DGFIP seraient “irrespectueuses de la parole donnée” par l’État “puisque l’année 2025 devrait être une année blanche en termes de suppressions d’emplois”, selon le cadre d’objectifs et de moyens (COM) de la direction pour 2023 à 2027.

La CGT Finances publiques évoque quant à elle un “scandale” et dénonce une “austérité à tous les étages”. “Le ministère subit depuis vingt ans des suppressions d’emplois, les derniers ministres reconnaissaient eux-mêmes qu’il fallait que cela cesse et s’étaient engagés à faire une pause”, s’offusque ce syndicat, pour qui “la parole donnée n’a donc pas été respectée“.

Article Acteurs Publics

Article publié le 16 octobre 2024.


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